Journal de Bord du 25 octobre 2009
Fébrilité, excitation intense, état second, un peu fou et un peu désorienté pourtant je me sens extrêmement lucide et présente ! Les sens en alerte, les poils dressés, les nerfs contents. Je suis azimutée et débordante d'énergie avec une envie de rire dérisoire et très agréable.
JE SUIS MORTE DE TROUILLE ! Et cela me met en joie !!!!!
Dinguerie, feu intérieur, démangeaison de la raison qui s'agite et voudraient se faire entendre mais je n'ai aucune envie de l'écouter. Énergie enfantine débordante qui revendique le droit d'être la plus forte et de s'éparpiller largement dans toute la maison.
Tout à l'heure, il me faudra reprendre le calme nécessaire et la distance raisonnable, mais pour l'instant je piaffe d'impatience et je laisse libre courre à ma joie ! Je suis heureuse, bêtement et naïvement heureuse !
Je sais que cela ne peut pas durer. mais j'espère que la joie qui n'habite ne se tarira pas, juste qu'elle pourra prendre une autre forme et s'épanouir. Pour cela je compte sur mon travail et sur les artistes dont je me suis entourée et qui arrivent dans deux petites heures afin de faire exister pour la première fois "LES AUTRUCHES".
9 comédiennes et comédiens, un musicien percussionniste: pour une première rencontre. Et moi qui vais devoir être adulte responsable efficace et toujours heureuse !!!! Confiante... C'est cela qui me fait le plus peur... Rester confiante et objective, afin d'entendre parfaitement le texte comme si ce n'était pas mes mots. Le redécouvrir et ne rien laisser au hasard ou dans l'imperfection...
C'est un moment indescriptible, un bouillonnement intérieur volcanique qu'il me faudra maîtriser.
Suspendre le temps, ne pas grimper au plafond trop vite car la chute peut être rude. Pourtant la confiance est là et je ne sais pas bien pourquoi, alors je lui laisse la parole, une petite voix bienveillante qui soulage mon âme.
10 artistes... Un rêve qui va prendre corps et voix... Là maintenant, dans quelques instants... Mon coeur est en émoi.
Journal de bord du 12 Octobre 2009
Je me rends compte que je n'ai pas dit sur ce journal de bord que le partenariat avec le lycée Rabelais est une chose devenue réelle, établie, concrète !!!!!! C'est avec Christophe Bouquerel et Christine Chambon tous deux professeurs de littérature qu'à eu lieu cette réunion si efficace et chaleureuse dont je vous parlais ici même il a quelque temps. Et c'est le sourire de Monsieur Schafer que j'évoquais. C'est lui qui nous a donné le feu vert pour mettre sur pied ces deux aventures artistiques.
J'ai peur... Je me dis que je suis totalement cinglée d'avoir eu l'idée d'ouvrir nos répétitions aux lycéens. Et dans le même temps, cela me plaît terriblement. J'aime l'idée de ce partage casse gueule... Et encore plus sur la construction du spectacle "La comédie de Philo" (c'est une ébauche de titre. Avec leur "numéro d'objet" à la noix( flicage des assedics du spectacle) trouver un titre à un spectacle qui n'a encore aucune existence réelle devient obsessionnel ! ). Cela me plaît terriblement de me dire que peut-être nous réussirons à écrire un texte collectif , même si mon oeil et mes tites mains feront le boulot de rendre cohérent tout cela. Cela me plaît que l'échange se fasse grâce au jeu et que les philosophes nous offrent matière à réflexion ouvrent notre imagination.
Je suis envahie par la Compagnie. Je suis habitée par elle et tout ce qu'il me reste à faire pour qu'elle soit visible et reconnue ! Mais j'ai l'espoir chevillée au corps ! Notre bonheur de troupe c'est ici qu'il existe et c'est ici qu'il doit s'épanouir pour voyager ensuite confiant et solide. Notre bonheur de troupe plurielle ! Notre compagnie est un tout constitué d'énergies riches et variées ! Tant pis si les professionnels ne savent pas où nous caser ! Fini la langue de bois, mais avec le sourire !
Il nous faut la caution d'une structure officielle, d'un théâtre reconnu, même si aucun artiste ne l'habite plus (la plus part des théâtres n'appartiennent plus aux artistes de nos jours). Casse la ne tienne, nous irons les chercher et je nous souhaite de les trouver, cette caution et ce soutient ! Il nous les faut pour que d'autres structures officielles reconnaissent et épaulent notre boulot ! Kafka n'est pas loin et il n'est pas rare de ne jamais posséder les bons critères afin de rentrer dans les bonnes cases, et de pouvoir remplir les tonnes de dossier nous permettant d'obtenir un soutient financier et d'être moins chiche question budget ! Mais voilà, là au jour d'aujourd'hui notre compagnie vibre d'une énergie particulière, cette énergie là peut nous aider à débloquer un processus infernal !
Je ne remercierai jamais assez Monsieur Bouquerel Madame Chambon et Monsieur Schafer, ils légitiment notre aventure, nos prises de risque et nos idées artistiques !
La première étape donc :
Lecture publique " LES AUTRUCHES" le mardi 8 décembre à 20h30 dans la salle de spectacle du Lycée Rabelais ! 
Il y en aura d'autres et nous aurons besoin de votre soutient !
Je vais me plonger profondément la tête dans mon seau personnel afin de ne pas voir la dure réalité et de continuer coûte que coûte à croire en mes rêves !
Cécile Aziliz.
Journal de bord du 08 octobre 2009
Quelques mots pour reprendre le cours de ce journal de bord, histoire de ne pas le laisser en plan, car le temps me file entre les mains. Quelle belle rentrée pour la compagnie. Et quels challenges en perspective. Chaque jours qui passe je tente de consolider l'édifice, de le parer aussi . Je n'ai plus le temps de travailler sur la comédie philosophique, mais je sais que la semaine prochaine je m'y remets.
Je suis à la fois submergée par l'humain et cadrée par l'administratif. Et je mène la barque de notre compagnie le plus régulièrement possible. Submergée par l'humain, par ses forces et ses grandes fragilités. Mon équipe artistique pour les Autruches est là et dans le même temps je vais devoir faire avec la vie qui complique celle de deux de mes artistes. Je n'ai aucune envie de les lâcher ou de les remplacer car je sais pourquoi je les ai choisis, parce qu'ils seront là sur la création en salle, j'en suis sûre, si celle-ci se réalise. Vous le savez je suis fidèle... Et je n'envisage pas de faire mon métier autrement, même si je dois me faire quelques cheveux blanc. Les difficultés nous obligent à avoir de l'imagination et du répondant artistique ! Et j'espère que ces difficultés là ne seront pas insurmontables, autrement je serais obligée de trouver d'autres solutions... Mais pour l'instant mes idées me paraissent réalisables...
L'humain et sa magie ! Oui, oui cela existent les belles histoires humaines. Il y a quinze jours Cécile Coudol et Martin Lenzoni franchissaient les portes de notre salle de répétition non plus comme apprentis comédiens, comme il y a dix ans exactement, mais comme "comédiens Directeurs d'acteurs" ! Ils se sont donc retrouvés face à deux troupes de jeunes comédiens amateurs de la compagnie. Comment l'ont -ils vécus ? Je leur laisse la liberté de vous le raconter. Mais pour Aurore et moi ce n'est pas rien. Question émotions c'est d'une force assez indescriptible et question sens cela bannit tous les doutes où toutes les questions qui se posent régulièrement et nous fragilisent.
Notre compagnie est vivante, vibrante, en devenir et cela vaut le coup d'y croire de toutes mes forces, d'avoir ce truc pas rationnel, ni raisonnable pour deux sous: la foi ! Et oui, on est pas obligé de croire en un Dieu quelconque pour avoir la foi ! On peut avoir foi en l'humain et aussi en la vie même si la mort nous guette ainsi que ceux que l'on aime.
J'aime ce métier auquel je ne me savais pas destinée...
A vous, tous ! Le coeur battant de cette aventure humaine et artistique toujours en mouvements et surprises !
Cécile Aziliz.
Le journal de bord de la compagnie
Journal de bord du 28 septembre 2009
L'envie énorme et pressante d'écrire... Oui mais quoi ? Et pourquoi ici sur ce journal de bord ?
Je pourrais pianoter pour ma comédie philosophique qui n'a toujours pas de titre... Je le cherche pourtant, mais pour l'instant il reste un mystère, et j'aime presque cela...Comme s'il n'avait pas vraiment de raison d'exister pour l'instant tant que mes deux jeunes cons (JF et JH) n'auront pas ouvert la bouche sur mon papier virtuel, affalés sur leur transats et absorbés par leur téléphones portables, ordinateurs et autres perturbateurs électroniques. Les images se font de plus en plus présentent et je commence à savoir à quoi leur conversation va pouvoir ressembler. Je vois aussi très précisément l'expression de leurs visages lorsqu' arrivera la femme (F) trempée jusqu'au os traînant derrière elle une pile de livres eux aussi trempés et liés par une grosse corde, elle marmonnera "même ça je le rate...". Je peux presque palper le silence qui s'installera, l'échange de regards, la détermination de cette femme à s'installer là et pas ailleurs et les quelques mots qui émergeront ensuite maladroits et légèrement agressifs... J'ai presque tout cela sur "le bord des doigts"...
Ce matin je suis remplie par la gestation de ce nouveau texte et l'envie de découvrir enfin les voix réunies "DES AUTRUCHES". J'espère avoir aujourd'hui, ou dans la semaine, le vrai feu vert de nos partenaires... Je pourrais alors ne plus être mystérieuse et partager, je l'espère ma joie sans borne... Un goût de pas croyable !!!!
Non, je n'écrirais pas aujourd'hui pour cette comédie, je vais préparer mes répétitions de cette semaine, travailler sur un dossier vital pour la compagnie. Étrangement, aujourd'hui je ne ressens pas ce besoin de m'extraire de la globalité de la vie de la compagnie, à l'inverse j'ai l'impression que l'énergie qui se diffuse depuis ce matin se répand de manière assez égale sur les taches à accomplir . Ce n'est pas une journée remplie de cette énergie si particulière qui m'isole du monde, une journée cotonneuse... Ou ma bulle est opaque et solitaire... C'est une journée lumineuse et pleine de vitalité d'envie de partager, de partager ...
Je vais donc retourner à ces taches qui m'attendent en vous souhaitant une énergie telle que celle qui m'habite... C'est ma foi très agréable.
EXTRAIT "LES AUTRUCHES" :
Service : Je vais rentrer chez moi, je crois...
Malfamée : Ne partez pas. Comment déjà... votre nom ?
Service : SERVICE.
Econduite : Joli nom !
Service : Vous trouvez ?
Ego : Vous pourriez me grattez le pied, ça me démange ?
Service : Oui, bien sûr.
ES: N'en faite...
PRIT: rien !
Entendre enfin la voix de ces compagnons d'écriture, de mon voyage personnel et partagé (merci à Claire et Michèle). C'est pour bientôt et je n'en reviens pas...
Saut de puces !!! Double salto ! Danse endiablée ! Énergie galvanisée ! ( Je sais que cela ne durera pas, je sais que les jours plus fragiles reviendront mais ce n'est pas grave je les sais nécessaires aussi ! )
A vous !
Cécile A.
Journal de bord du 25 septembre 2009
Oublier le temps, quelle belle idée, quelle envie profonde parfois, mais qui en prenant de l'âge me semble de moins en moins réalisable... J'aimerais ce matin ne pas me dire que les minutes s'égrènent et qu'il faut absolument que je fasse, dans les temps justement, ce que je dois impérativement faire. J'aimerais me plonger enfin dans cet état un peu contemplatif qui m'aide à écrire. Car je sens que c'est là au bord, de mes lèvres, ai-je envie de dire, et ce sont mes mains pianotant sur le clavier qui chuchotent au début les mots qui arrivent.
J'essaye d'apprivoiser le temps. J'essaye de ne pas me sentir dépasser par lui ou même paniquée. Je tente de bannir cette pensée dévastatrice pour les nerfs: "je n'aurais jamais le temps !" . Je me raccroche à l'idée que les choses faites régulièrement me protègent d'un manque de temps. "Faire les choses dans les temps" et ne pas relâcher trop souvent cette régularité, cette discipline que je m'impose. Et pourtant ce n'est pas l'envie qui manque de tout balancer parfois, histoire d'aller rêver, tranquille, isolée dans un coin, cachée quelque part. J'envie parfois ces artistes qui ont eu la possibilité d'avoir une maison au milieu des senteur de lavande et de thym, du chant persistant des grillons, de cette lumière si particulière des paysages du sud et de la garrigue. Sensoriel de mon enfance qui me manque parfois terriblement.
Mais je fais partie des laborieuses, chanceuse malgré tout, j'arrive à vivre correctement du métier que j'ai choisi à 12 ans. Mais pour combien de temps encore ? Le statut des artistes du spectacle vivant ne tenant qu'à un fil et pouvant être détruit à tout moment... Je fais parti de ceux qui n'ont pas de bien et gagnent leur pain jour après jour, sans trop souffrir personnellement du manque de moyen (mon travail artistique professionnel oui), mais sans pouvoir m'offrir ce luxe inestimable d'un petit coin de paradis désiré et acquis. Est-ce la belle lumière matinale de cette journée de septembre qui me donne envie de retrouver la pierraille des collines du sud ? Où est-ce l'envie de fuir ce trac un peu permanent qui m'habite, ce trac intimement lié à la peur de ne pas satisfaire toutes ces personnes qui travaillent avec moi et attendent beaucoup de mon regard et de mon savoir faire ? Sûrement un peu des deux.
Il est l'heure...Il me faut retourner à des occupations beaucoup plus pragmatiques, mais qui, je l'espère, permettront à la compagnie de prendre un véritable envol.
Revenir au temps, revenir à temps...
Cécile A.
Journal de bord du 16 septembre 2009
Un long silence rempli de planning tout azimut ! La saison de l'Athanor se met en place et il faut avoir les idées claires et précises. Ce n'est pas le moment de rêver mais au contraire il faut être les deux pieds solidement enracinés au sol.
Et pourtant au milieu de toute cette charge "organisationnelle", il y a eu un après-midi essentiel... Un après-midi presque aérien alors que le trac m'habitait totalement, le trac et une immense joie...Se retrouver devant une grande grille, on vous l'ouvre...Courir un peu par peur d'être en retard, le coeur battant dans ma poitrine comme pour un rendez-vous amoureux...Entrer dans un grand couloir familier et croiser le sourire chaleureux des personnes qui vous attendent. Le sang qui circule vite, peut-être un peu le rouge aux joues. La sensation libératrice qu'ici je ne vais pas être obliger de prouver quoi que ce soit. Et pourtant le trac ne me quitte pas vraiment. Notre conversation s'engage. Les mots roulent, nous parlons de choses pourtant assez concrètes, très liées elles aussi à des histoires de planning, mais il y a trois personnes réunies autour d'une table, trois personnes passionnées qui tentent ensembles de faire vivre une aventure éphémère et sans garanti de réussite, une aventure artistique et humaine totalement aléatoire mais à laquelle ils croient. Nous prenons tous les trois le pari fou de se dire que cette aventure vaut le coup d'être tentée. Et cette part d'enfance qui ne m'a jamais quittée (on ne choisit pas d'être comédienne sans elle...) peut alors s'épanouir sans réserve, ici elle ne fragilisera pas aux yeux de mes partenaires mes capacités de "chef de troupe" et de metteure en scène. Qu'elle liberté, quel cadeau ! Merci à vous de tout coeur ! Je garde pour l'instant le secret de vos identités car il faut encore passer un cap avant que les choses soient totalement validées, mais je garde aussi la trace du dernier sourire lumineux et chaleureux que j'ai croisé juste avant de sortir de ces grands bâtiments. Et j'ai l'espoir tenace de penser que ce sourire sera favorable et donnera le feu vert à nos projets.
Il me faut maintenant être carrée et mettre en place avec mon équipe de 10 comédiens et un musicien le planning des répétitions de la première lecture publique des Autruches
, construire un beau dossier, le déposer. Savoir que tout se met en place pour ce texte voit enfin le jour, prenne la lumière, se confronte aux regards d'un public au début privilégié, puis reçoive des critiques favorables ou non, qu'importe il pourra alors encore grandir, être peaufiné...Trouver d'autres partenaires afin que cette aventure prenne son envol et aille jusqu'à la création.
J'ai la sensation que la vie va dans mon sens et dans le sens "des Autruches" (et de notre comédie philosophique naissante) et dans le même temps il y toujours ce doute, cette trouille que tout parte en vrille ! C'est épuisant, mais je sais maintenant que je ne pourrais jamais me défaire de ces deux sensations indissociables et qu'il me faudra continuer à apprivoiser les paradoxes, à vivre avec le plus calmement possible.
" Si nous rompons tout commerce avec nos semblables, si nous répudions le genre humain pour vivre concentrés en nous seuls, l'effet de cette solitude, désaffectionnée de tout, sera le désoeuvrement. Nous nous mettrons à bâtir ici, à démolir là, à repousser la mer par nos constructions, à faire venir de l'eau en dépit des lieux, à gaspiller ce temps que la nature nous donne pour un meilleur usage. " Sénèque: La tranquillité de l'âme.
Je vous laisse ici la trace d'un rêve en devenir. Je vous laisse ici cette part d'enfance qu'il me trop faut souvent cacher.
Cécile Aziliz.
Journal de bord du 03 septembre 2009
La tête sans dessus dessous. La tête trop chargée d'informations venant des quatre coins de Meudon. Le téléphone qui sonne encore et encore... Le plaisir de retrouver des voix connues, de découvrir des voix inconnues...
Et un grand ralentissement concernant mon travail sur les créations professionnelles de 2009-10 : "LES AUTRUCHES" et la comédie philosophique en devenir... Pourtant les choses progressent petit à petit... Espérance d'un beau partenariat à venir... mais chut il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué (pauvre bête)...
La distribution des Autruches se précise. Et pourtant il me manque encore quelques réponses, mais elles arrivent. Mon équipe prend forme et j'ai presque hâte que la date de notre première répétition se mette en place. Mais rentrée oblige tous le monde court à droite et à gauche afin que la vie reprenne son cours, que le quotidien retrouve son cadre. Et surtout Aurore ne pourra reprendre le travail que dans deux mois... Alors je respire un grand coup et je me dis que de toute façon je dois continuer de trouver des partenaires afin de pouvoir jouer plusieurs fois cette lecture publique.
Et puis je lis le plus possible, ma lecture est du coup un peu morcelée, mais qu'importe...J'ai l'habitude de passer d'un univers à l'autre et de laisser agir les images et les mots à mon insu. Je fais confiance à ma faculté d'imprégnation progressive, à ma capacité de rêver même lorsque je suis dans des actions extrêmement concrètes et qui demandent toute ma vigilance. Je sais maintenant que mon esprit lui se permet de vagabonder alors que je lui demande d'être, dans le même temps, carré et précis.
Je lis Sénèque et je découvre un auteur passionnant:
"Avant d'agir, adaptez bien vos forces aux obstacles, et vos moyens au but, car le regret d'une entreprise manquée vous causera du dépit. La différence entre une âme bouillante et une âme froide et sans énergie, c'est que le défaut de la réussite produit la colère dans l'une, dans l'autre l'abattement" L'Art d'apaiser la colère.
J'ai fait une lecture plus que nécessaire... J'ai retrouvé Gaston Lagaffe et surtout son Chat ! Et celui-ci comme à chaque fois me réconcilie avec la vie ! C'est aussi dans ces moment là que je regrette intensément de ne pas avoir un bon coup de crayon. Ce chat me régale les yeux et me fait retomber en enfance, quel plaisir d'exploser de rire sans se soucier de son environnement immédiat, juste parce que ce rire est plus fort que tout ! Et ne croyez pas que ce soit une lecture si futile que cela, les planches dessinées pour ce chat sont une merveille rythmique et comique ! Cela m'a tout a fait recalé avec mon envie de comédie. Celle-ci se nourrira je l'espère de beaux textes philosophiques mais je souhaite ne pas oublier le génie simple et efficace de ces planches ! Et puis qu'elle respiration de lire une histoire de rêveur fou alors que notre monde nous demande d'être si loin de tout cela ! Quelle douceur, quelle bouffée d'oxigène ! Enfin me sentir dans mon élément ! Car croyez moi je les dompte férocement ma "Gastonne" et mon chat délirant intérieurs !!!!!
Voilà je continue de tracer doucement mais profondément mon chemin créatif afin que mon équipe professionnelle puisse vivre de nos projets ! Et je sais que dans le même temps je vais retrouver le coeur ardent de la compagnie, vous tous, comédiens amateurs et donc amoureux de nos aventures théâtrales !!!!
Salutations à l'allure de feuilles feuilletées, bruissement si doux aux oreilles délicates.
Journal de bord du 11 Août 2009
Hier le gros dossier Athanor concocté par Régis, Céline, Carole et moi a été déposé là où il devait "se rendre". Drôle de sensation de se dire que nous remettons notre travail entre d'autres mains et que les regards de celles-ci vont juger de la valeur de celui-ci. Mais notre dossier étant vraiment à l'image de la compagnie, une image même "magnifiée" par le travail photographique et artistique de Carole Picavet, je sens du coup que l'âme de notre grande troupe se retrouve un peu capturée entre ces feuilles administratives.
Je vais donc pouvoir me plonger dans le repos bien mérité et les lectures nourricières, je vais donc pouvoir rêver à mes deux mises en scène, et j'espère écrire aussi en profitant de cet état si particulier dans lequel me plonge l'écriture et qui est assez incompatible avec une réelle conscience de la vie pragmatique et quotidienne. Bon, je sais parfaitement que je ne peux pas m'extraire totalement de cette vie réelle et non rêvée où je pourrais alors n'être que "pur esprit" et voyager dans les profondeurs lumineuses de l'imaginaire. Mais de savoir qu'il existe ces plages là de temps volé que j'arrache à l'intendance de la vie concrète, la mienne et celle prenante de la gestion d'une compagnie, me procure une certaine joie et à la fois une sorte d'inquiétude. J'ai toujours un peu de mal lorsqu'il s'agit de revenir à la réalité et de retrouver le rythme de l'efficacité. Une forme de petite douleur, de moments décalés pas forcément très agréables, où il faut se forcer à reprendre un tempo soutenu, à avoir les idées claires.
J'ai du mal aussi dans ces moment d'"absences" à ne pas oublier mon corps et du coup il me manque, je le délaisse, sûrement par flemme. Je ne me néglige pas, non, éducation féminine oblige... Mais je sens que reprendre le chemin des échauffements, étirements, retourner à ce sensoriel doux, qui me ramène à la réalité vibrante de la vie de mes orteils oubliés et petits muscles cachés à dérouiller, serait essentiel et ne nuirait aucunement à ces moments où le temps semble suspendu.
Je vais donc essayer de laisser frémir et palpiter tous mes sens, mon esprit et mon regard aussi qui se baladera sur d'autres paysages...
La photo du 09 août est un clin d'oeil à Pascale, en voyant cette image d'une accordéoniste danseuse toute fine, droite, plantée sur un plateau de fleurs, je n'ai pu m'empêcher de penser à elle, à sa présence sur scène, à la force de sa musique et de son corps de comédienne.
Mes roses
Oui ! Ma chance - veut vous ravir -
Car toute chance veut ravir!
Voulez-vous cueillir mes roses ?
Baissez-vous et cachez vous
Entre les roches et les ronces,
souvent léchez-vous les doigts
Car ma chance - elle est taquine !
Car ma chance - elle est espiègle ! -
Voulez- vous cueillir mes roses ?
Friedrich Nietzsche.
A bientôt...
Tendresses rêvées, monde insoupçonné, illusions sucrées...
Cécile.
Journal de bord du 09 août 2009
Seule, au calme, avec l'envie de revenir faire le point sur ce qui se trame à l'intérieur de moi et qui donc se dessine de plus en plus clairement même si les zones d'ombres restent encore sensibles et nécessaires.
LES AUTRUCHES : Lectures publiques en devenir.
J'ai retravaillé sur le texte avant hier matin très tôt. Me levant alors que le soleil se levait à peine, avec cette sensation inexpliquée d'urgence et de plaisir mélangé. Hélas pour SOL ... Personnage que j'ai fait disparaître du texte... Je ne l'ai pas fait seulement par souci d'économie, même si cela n'est pas négligeable, l'argent étant le nerf de la guerre, mais comme une évidence, comme si le récit pouvait gagner en fluidité et je pense maintenant que tout cela est à vérifier lors des répétitions, bien sûr.
J'ai contacté tous les comédiens et j'espère avoir toutes leurs réponses début septembre.
SERVICE : Pascale Heinisch
ES : Carole Tallec
PRIT: Antoine Nakab-Courtay
RAGE : Carole Picavet
MALFAMEE : Françoise Le PLenier
EGO : Benoit Dallongeville
ALTER : Martin Lenzoni
ECONDUITE : Aurore Limosin
SCALPEL : Serge Gaboriau
J'espère que cette distribution verra le jour, je la sens bien comme l'on dit. Mais je sais aussi que si cela doit être autrement j'écouterais très précisément ce que la vie me propose...
POUR LA COMÉDIE PHILOSOPHIQUE.
Je garde donc ma distribution de départ :
Les deux jeunes "cons" : Cécile Coudol et Martin Lenzoni
La misanthrope : Françoise Le Plenier.
Je pense sincèrement que je vais tenter d' écrire du "sur mesure" à ces trois comédiens. Je ne vois pas d'autre issue à un projet qui leur soit destiné et surtout qui puisse proposer un travail littéraire et philosophique théâtralisé par nos soins.
J'ai de plus en plus envie de traiter les thèmes précis de l 'oisiveté opposé à l'activité, l'être et le faire, l'inutile et l'utile.
Sénèque, Lafargue, Pascal, Nietzsche, Onfray vont j'espère inspirer notre travail. Je pense écrire une partition solide mais qui pourra être modifiée pendant les répétitions.
Idées pour la première scène :
Deux transats occupés par nos deux jeunes gens. Ils sont entrain de surfer sur le net, de pianoter des textos sur leurs portables , de visionner un film etc... Ils s'activent et parlent vite, presque en surchauffe...
Deuxième scène :
Notre misanthrope débarque traînant un transat et une valise. Elle vient s'installer là et pas ailleurs. La confrontation commence... une forme de silence tendu et de temps suspendu s'installent au début de la scène.
Voilà ce n'est qu'un début maintenant il faut laisser fleurir l'imaginaire et la précision des recherches...
Je vous salue tous !
Je vais retourner à mon travail "créatif", mes lectures, mes rêveries afin de donner corps à deux beaux projets, je l'espère.
Bulles de mots récoltés au hasard des lectures... " J'ai peur que Tu ne t'offenses
lorsque je mets en balance
dans mon coeur et dans mes oeuvres
ton amour dont je me prive
et l'autre amour dont je meurs... " Max Jacob.
Cécile Aziliz.
